Connaître ses limites et être son propre gardien

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Sorry, this post is only in French for now, will try to translate it whenever possible

J’ai commencé à travailler tôt.

A treize ans, je gardai un enfant contre rémunération pour la première fois.

A quinze ans, pendant les vacances, je prenais mon vélo à six heures du matin pour aller revêtir mon uniforme de serveuse dans un golf.

Etudiante, j’ai vendu des assurances, été hôtesse d’accueil, puis « chasseuse de têtes » (de loin mon meilleur job étudiant), et enfant chargée de recrutement.

A vingt-deux ans, j’étais cadre en entreprise.

Et ceci était censé, semble-t-il, être mon chemin pour les quarante années suivantes, au moins.

Pourtant j’ai toujours su que ma voie était ailleurs. Mais sur ce sujet, nous reviendrons un autre jour.

Là, aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de limites.

Car mes limites, j’ai longtemps eu du mal à les appréhender et à en prendre soin.

Et je crois qu’on est nombreux dans ce cas, donc allons-y gaiement, parlons-en.

J’ai toujours eu tendance à donner trop de ma personne. Jusqu’à la limite du burn-out.

Sans doute à cause de mon esprit « consciencieux »: l’envie de faire au mieux de mes capacité, d’offrir le meilleur résultat possible à celui qui demande le service.

Sans doute aussi en raison d’un certain perfectionnisme: la crainte de n’être pas assez, la peur que l’autre ne soit pas satisfait de ce que j’ai fait (ou pire, de moi en tant que personne). Alors, je fais plus, juste au cas où.

Et puis sans doute, en partie, par envie de vivre complètement la vie, au maximum, d’être sûre de ne pas la laisser filer.

Enfin, sans doute par manque de recul: le nez écrasé dans le guidon, c’est bien moi, complètement moi.

Bref: le résultat est le même: je me suis épuisée, dès mes premières années, en entreprise.

Mais je ne m’en suis pas rendue compte DU TOUT. J’ai continué de plus belle, parce qu’on m’encourageait, que mes patrons semblaient apprécier tant mes résultats que l’idée du « labeur » difficile. Parce que prendre un air sérieux et épuisé, raconter qu’on était sous antidépresseur et rester jusqu’à minimum vingt heures chaque jour c’était plutôt bien vu là ou je travaillais.

Et puis des évènements personnels douloureux m’ont fait relativiser l’importance de ce que je faisais pour ces entreprises.

En plus, comme je l’écrivais auparavant, je savais que je ne serais pas toujours salariée, qu’une autre voie m’attendait. Et il me fallait survivre et prendre soin de moi pour pouvoir rejoindre cette voie.

Et c’est ainsi, non sans mal, que j’ai commencé à prendre soin de mes limites.

A dire non aux réunions non indispensables à vingt heures. A la surcharge de stress improductif.

Et c’est ainsi que j’ai accepté d’être une moins bonne élève, voire de renoncer au brillant (?) avenir qui m’attendait en entreprise. Adieu promotions et perspective de saisir un jour le grand D (comme « directeur ») (de quoi que ce soit, on s’en fiche tant qu’on est directeur!)

Et c’est ainsi que, sachant que je n’ai qu’une vie sous cette forme et avec les talents qui me sont propres, j’ai décidé de suivre MA voie. Celle qui m’appelait depuis des années.

Mais ça ne veut pas dire pour autant qu’il est plus facile pour moi d’identifier mes limites.

Parce que si le contexte a changé, je garde les traits qui forment mon « karma » pour cette vie là: cette peur de n’être pas assez, et cette envie de trop bien faire, de rendre service dès que possible. Et cet élan de saisir la vie, pleinement.

On m’avait dit « carpe diem », alors, je le cueille, le jour. Et même qu’après je le replante et j’essaie d’en faire un potager. Bref.

La semaine dernières j’ai donc, à nouveau, dépassé mes limites.

La différence, c’est que cette fois-ci, je les ai tout de suite repérés, les signes: l’épuisement physique, la fatigue nerveuse, le sentiment d’être débordée. L’impression d’être dans un tunnel sans en voir le bout.

La chance que j’ai eu sur le moment a été de savoir que ça n’était que très temporaire.

Et la chance énorme que j’ai en conséquence, est de savoir, grâce à cet épisode, concrètement, quelle est ma limite.

Pour en prendre soin à long terme.

Apprendre à connaître ses limites passe, je crois, par l’étude de soi. S’observer. Reconnaître quand c’est trop. Avoir l’humilité de reconnaître qu’on est pas tout puissant, et que oui, c’est trop (là-dessus évidemment j’ai de la marge de progrès). Avoir la sagesse de ré-adapter notre activité et de prioriser (tiens, là aussi).

Non, on ne pourra pas tout faire.

Non, on ne pourra pas être partout à la fois.

Et si on est obligé d’être là, la tout de suite, alors respirer, prendre un peu de distance, se rappeler que ça n’est temporaire. « ça » va s’arranger.

Oui, le monde nous appartient, mais pas comme on croit. Pas pour nous cramer en croyant pouvoir tout contrôler.

Connaître ses limites, c’est aussi pouvoir les étendre petit à petit, de l’intérieur.

Reconnaître le signe qu’on est allé trop loin, devenir son propre gardien, sa propre bonne étoile.

Prendre soin de soi.

On est humain après tout, on est fragile.

Faisons de petites choses qui peut-être deviendront de grandes choses mais ne cherchons pas à être des dieux.

Namaste et prenez grand soin de vous!

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